La Gabelle



Frappant le sel, aliment de première nécessité, la Gabelle est établie de façon très différente selon les contrées. A coté des pays de petite et grande gabelle, existent des pays rédimés ayant racheté cet impôt, parmi lesquels la Gascogne, et les pays francs comme le Béarn.

Dès son arrivée au pouvoir, Colbert la considère comme la meilleure ressource de nature à combler le déficit du Trésor Royal. Par sa réforme des finances, il décide de l’imposer de façon uniforme et, évidemment, de l’étendre aux provinces franches et rédimées, au mépris des engagements, traités ou chartes antérieurs. Sourd aux murmures et plaintes, il persévère.

Ainsi, un nouveau contrat passé avec la Ferme et Convoi de Bordeaux en 1662 autorise le sieur Gervaizot, adjudicataire, à établir des bureaux, commis et gardes aux lieux et endroits qui bons lui semblent, en particulier sur l’Adour et les chemins saliers du Tursan et de la Chalosse par lesquels s’effectuent l’approvisionnement à partir de la fontaine de Salies de Béarn. Le Béarn restant provisoirement exempté en vertu de privilèges anciens, il est en effet judicieux d’installer un réseau de bureaux en lisière de ce pays pour surveiller le passage et percevoir la taxe sur le sel qui en provient.

La Chalosse a jusqu’alors bénéficié de la même immunité que son voisin, par usage plus que par écrits. Mais, forte de ses baux, et déjà installée à Mont de Marsan depuis l’année précédente, la Ferme prépare son installation sur la plus importante des routes du sel qui, venant du Béarn passe par Hagetmau et Saint-Sever

Arrive alors à Bordeaux un nouvel intendant, Claude Pellot, parent de Colbert. Chargé d’appliquer la politique de son ministre, il y met toute sa rigueur, sa sévérité, et son zèle, au mépris des plaintes des notables et du désespoir des petites gens du pays.

Menacés et convaincus de la justice de leur cause, les Chalossais sont résolus à résister et lutter contre une nouvelle cause de misère et de famine.

Depuis 1661 les gabeleurs, installés à Aire, courent le pays, montés et armés, pour surprendre les convois de faux-saulniers, tuant chevaux, ânes et boeufs portant du sel.

En janvier 1663 un premier est tué lors d’une rencontre sur la lande de Moundose. Plusieurs de ces rencontres et inquisitions ont lieu au cours de l’année, attirant sur les commis et gardes haine et violence de la population.

Au début de l’année 1664 la menace se précise.









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